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« Je veux devenir Druide. » Notre Ordre reçoit régulièrement cette demande par courriel. Mais fondamentalement de quoi parle-t-on ? Doit-on entendre le mot « Druide » dans son acception générale (les religieux polythéistes qui pratiquent le culte druidique) ou bien est-ce une demande pour « obtenir » la fonction religieuse de Druide, c’est-à-dire de savant spirituel, scientifique, philosophe et théologien ?

Devenir druide

Pourquoi devenir Druide ?

Très souvent le désir ou l’envie de devenir Druide est de l’ordre du paraître. Le désir d’obtenir ce statut se nourrit de fantasmes, d’une illusion de prestige, il est également souvent motivé par un désir de reconnaissance.

Au sein de l’ODD, le Druide n’est pas un grade, n’est pas un chef. Il est une fonction sacerdotale parmi d’autres, il est complémentaire au Barde, à l’Ovate, aux Assistants, aux Prêtrises. Toutes ces fonctions religieuses constituent le corps sacerdotal de l’Ordre.

Et avant même de se lancer dans le sacerdoce, qui relève d’enjeux transpersonnels exigeants, au sein de notre institution, nous invitons d’abord les personnes à venir assister aux cérémonies pour s’imprégner et valider leur adhésion au projet de l’ODD, ainsi qu’à ses valeurs. Ensuite, ceux qui ressentent l’appel sacerdotal à servir, peuvent demander à cheminer vers la fonction d’Assistant, première étape vers éventuellement d’autres fonctions.

Cheminer pour devenir sacerdote

Demander à cheminer pour devenir sacerdote est une décision qui marque un tournant essentiel dans la vie d’un fidèle, car il le rapproche du cœur sacerdotal et des mystères du sacré.

Le fidèle qui souhaite appréhender la nature de l’engagement sacerdotal se voit ainsi proposer de devenir tout d’abord cheminant Assistant, statut qui lui permet de commencer à œuvrer en exécutant les tâches des Assistants, sans en avoir les contraintes formelles et impératives.

Ce statut est ainsi là pour offrir un temps de transition au fidèle dans le but de prendre conscience concrètement des contraintes de la vie sacerdotale, et de mettre en place les ajustements nécessaires dans sa vie pour pouvoir s’y engager pleinement, si le cheminant fait finalement ce choix. Tout comme il est libre de quitter ce cheminement à tout moment et redevenir simple fidèle sans avoir à se justifier.

L’Ordre Druidique de Dahut a en effet une conception exigeante du sacerdoce, en phase avec son désir de constituer une base solide et loyale à l’institution fondée selon la vision de Dahut.

Voici ici résumée cette vision du sacerdoce, qui constitue l’objectif vers lequel tendent les cheminants Assistants pour s’inscrire au mieux dans la vision institutionnelle de l’ODD, en s’appuyant sur l’aide et le soutien des autres sacerdotes.

Pour des questions de commodité, il est employé le mot « sacerdote » au masculin.

La nature du sacerdoce

Être sacerdote implique le fait d’être au service des divinités, de la Tradition et de la Coutume, mais aussi de la Communauté et de l’ODD, institution dans laquelle le religieux a décidé de s’impliquer.

Cela suppose le don de soi, et cet engagement à servir, fait en âme et conscience, en accord avec son libre arbitre, concernant l’Être de la personne est signé pour la vie. Il se concrétise par un serment devant Dahut et les divinités spécifiquement concernées par la fonction embrassée par le futur sacerdote, qui a conscience de la portée de ce serment sacré et du fait qu’il a à en rendre compte devant les divinités.

L’état d’esprit du sacerdote

Bien sûr, avant toute chose, le sacerdote adhère aux objectifs, aux projets de l’ODD, il est en accord avec les valeurs païennes que l’ODD prône.

Le sacerdote met ses activités sacerdotales au centre de sa vie et assure son service religieux inconditionnellement. En effet, il a conscience que ce sont les divinités, le calendrier des offices religieux et sa hiérarchie au sein de l’Ordre qui établissent le rythme de son service et les tâches qui lui incombent.

Le sacerdote organise sa vie profane en tenant compte des contraintes de temps et d’énergie qu’impliquent sa fonction.

La communauté et la ou les divinité(s) qu’il sert et le désir de contribuer au rayonnement de l’ODD sont naturellement au centre de ses préoccupations quotidiennes et de ses priorités, même s’il sait saisir les opportunités qui se présentent à lui de se ressourcer en sortant du champ religieux, car il est malgré tout pleinement inséré dans la société profane.

Par ailleurs, le sacerdote est un être exemplaire. Il est garant de la foi polythéiste et païenne. Il manifeste en permanence sa foi, sa dévotion et son attachement fervent aux devoirs et aux pratiques de sa fonction au sein de l’Ordre Druidique de Dahut.

Il a le sens du service tellement enraciné en lui qu’il ne se dérobe pas face à ses responsabilités.

Le sacerdote manifeste au quotidien auprès des divinités son engagement moral, spirituel et physique. Il accepte de traverser des épreuves et il agit motivé par le service et sa conviction, et non par peur de la pression divine, ou par désir de reconnaissance.

Il doit savoir se remettre en cause et toujours cultiver l’humilité face à ses responsabilités. Il n’est pas question d’exercer du pouvoir ou d’imposer son paraître au monde, mais de servir.

Les principaux freins du sacerdote sont ainsi ses peurs, son ego (qui cherche à contrôler sa vie profane), sa paresse, le refus de se remettre en question et son manque d’audace.

En résumé, un sacerdote n’est pas timoré mais audacieux, il n’est pas individualiste mais humble et au service, et assume pleinement ses engagements en faisant tout pour faire rayonner le druidisme et le polythéisme en Europe.

Il fait aussi preuve de loyauté envers l’ODD. Il évolue en conscience dans cet ordre druidique qui n’est pas, dans son fonctionnement interne, un système démocratique (même si il respecte la République et les Lois). En cela, le sacerdote se soumet au principe de fonctionnement hiérarchique de l’ODD dont il respecte les enjeux et les règles.

Derrière la notion de loyauté réside également celle du désintéressement et de l’intégrité : un sacerdote n’instrumentalise pas sa fonction au service de ses intérêts personnels ni de son ego.

Le sacerdote développe cette capacité chez lui à contribuer au collectif par différents soutiens et moyens d’action : il engage du temps et de l’énergie pour s’investir dans le Sacré. Il cherche à remplir au mieux sa fonction et à favoriser le rayonnement de l’ODD au travers de toutes ses activités.

Il sait être digne de sa fonction à tout moment, en public comme en privé.  En cela il assume et maîtrise son image publique. En conscience, il dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit, sans demi-mesure et l’assume publiquement.

Enfin, le sacerdote, cultivant exigence et cohérence, s’engage à travailler encore et toujours sur son Être, et au-delà des paroles, à concrétiser son engagement sacerdotal par l’action. Il fait preuve de réactivité et d’initiative. Il n’attend pas que les divinités lui mettent la pression pour agir. Il agit. Car il est conscient de la mission qu’on lui a confiée et de sa primordialité.

Actions concrètes

De manière concrète :

  •  Être sacerdote implique d’être potentiellement disponible 24h sur 24, sauf motifs valables (maladie, décès d’un proche, impossibilité matérielle absolue et non prévisible – comme une panne de véhicule par exemple). Cela suppose de s’organiser pour être disponible pour les tâches sacrées inhérentes à sa fonction.
  • Le sacerdote s’engage à assister à toutes les cérémonies (demandées par les divinités, donc hors cérémonies polythéistes standards), sauf cas particulier.
  •  Il organise librement sa vie profane, dans la mesure où cela ne nuit pas à l’exercice de son sacerdoce et au respect de ses engagements.
  • Au regard de sa connaissance du monde et ses expériences, le sacerdote cultive la curiosité, et toujours partage avec ses collègues ses idées, sa foi, son expérience, dans la limite des secrets de sa fonction. Il les interpelle également sur les problèmes rencontrés ou les sujets de société.
  • Engagé à lutter contre l’ignorance et les superstitions, le sacerdote apprend, cultive son esprit critique, connaît les bases du raisonnement scientifique.
  • Il connaît le fonctionnement de l’institution et du calendrier, les bases du druidisme. Il doit ainsi être capable d’en parler, de les transmettre, de les communiquer publiquement par tous les moyens, l’oralité étant un aspect essentiel. Il se fait ainsi le porte-parole de la communauté de l’ODD et de ses valeurs.

Devoirs

De même que dans d’autres institutions religieuses ou militaires, le sacerdote :

    • a un devoir de réserve concernant les sujets politiques, religieux ou polémiques.
    • respecte la hiérarchie interne et accepte en dernière instance les décisions prises par ses supérieurs.

Par ailleurs :

    • il participe activement à la vie de la communauté dont il est solidaire. Il est investi, concerné par ce qui se passe et prend des initiatives au sein du groupe.
    • il soutient ses collègues par tous les moyens à sa disposition.
    • il s’efforce de participer à la communication de l’ODD sous toutes ses formes.
    • Il sait se servir en priorité des outils de communication et de travail en interne, et rester en contact quotidien avec son équipe
    • Il se garde en bonne forme physique, pour être en mesure de remplir ses offices sans difficulté.
    • Il cultive son autonomie sur le plan émotionnel comme matériel. Concernant ce dernier point, par exemple, un sacerdote doit avoir un permis de conduire, pour pouvoir contribuer au transport de tous, quand bien même il n’a pas de véhicule personnel.
    • Il est tenu au secret des initiations et des mystères et doit respecter la vie privée des personnes qu’il accompagne ou qui l’ont sollicité ou qui se sont confiées (secret professionnel).

Esprit de corps, droits et prérogatives

Le sacerdote, a, de par sa fonction même, et en retour de son engagement, accès à des choses auxquelles les autres êtres n’ont pas. Il a d’une part accès à certains grands secrets et mystères des divinités (à un certain niveau selon la fonction) et bénéficie de leur soutien s’il sait œuvrer dans la justesse et avec loyauté au nom de leur dessein. D’autre part, parfois, sa reliance, ses perceptions et ses compétences peuvent se développer plus finement au travers d’outils qu’il reçoit des divinités.

Également, son cheminement lui donne des clefs pour pouvoir se développer spirituellement et tendre vers un épanouissement intérieur qui n’est certes pas sans heurts (c’est le propre de l’initiation du religieux) mais qui l’amène à œuvrer avec moins de peurs, plus de confiance et plus de sérénité, et à déployer son entièreté. Cet épanouissement du sacerdote a une « couleur » particulière, qui n’est pas celle du bonheur du fidèle, car il a l’honneur de contribuer à un dessein plus vaste que sa propre existence.

Ensuite, un sacerdote reçoit de manière inconditionnelle le soutien (matériel, moral, spirituel et sacerdotal) de ses collègues, en cas de difficultés.

Enfin, au sein de l’ODD, le sacerdote va avoir de fortes et exigeantes responsabilités, mais par sa fonction va aussi avoir le droit de contribuer à alimenter la Tradition, participer aux débats au sein de son Collège ou de sa Prêtrise, et participer au développement de l’institution.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le cheminement sacerdotal ou poser des questions, n’hésitez pas à nous joindre.

Pour en savoir plus sur les fonctions sacerdotales, consultez notre page Sacerdotes et Conseils.